un reve qui me fait ecrire
La memoire est l’estomac de l’esprit disait Augusto Roa Bastos et c’est comme ca qu’on peut transformer la plus abstraite partie de l’etre humain dans la materialite du sisteme digestif. Mais oui, on rumine les souvenirs. On les collecte et on les rumine. On elimine apres les souvenirs denues d’emotions et on assimile les souvenirs qui nourrissent l’esprit. Qu’est qu’il nous reste apres ? ironiquement c’est seulement la memoire du gout des souvenirs. On sent un odeur, on ferme les yeux et, sans pouvoir vraiment reconnaître le moment ou l’on avait senti pour la premiere fois, le gout du souvenir nous envahit, douce ou amer, fort ou suave.
Je ne me souviens plus de toi. J’ai rumine depuis longtemps les souvenirs de ces deux semaines-la et les heures de discutions d’apres. Qu’est-ce qu’on a fait ensemble ?
Je t’aime, ca je sais, mais pourquoi ? Pour moi tu es le visage qui sourit sur un moniteur froid, toujours le meme, avec un turban oriental et les yeux fixes sur le desert dernierre l’appareil de photo. La poussiere du desert se confonde avec toi. Le vent t’eparpille et tu n’es plus. Une image signifie rien.
Si une photo pourrait etre consumee par chaque regard, les photos de nous ne seraient plus que des pieces de papier jaune avec qqes signes peux perceptibles.
Mais je lutte, je regarde encore une fois les photos. Cette fois-ci je suis dans les photos aussi. Nous sommes ensemble au bord du lac et cette expression de laquelle on a rigole beaucoup en Lausanne pour son sens evasif corresponde maintenant parfaitement a ma perception sur l’espace. Nous sourions, j’etais probablement heureuse …
… je croiais que tu aurais venir ici, j’ai cru que j’allais te redecouvrir … reconnaitre les gouts, remplir de nouveau les albums de photos et la cavite vide de mon esprit …
…. Mais maintenant tu me manques completement … maintenant tu n’es plus qu’un reve qui revient de temps en temps.