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l’enfant et la lune I

21.09.2005

Il etait une fois dans un monde loin d’ici un enfant qui voulait la lune. Chaque soir devant sa fenetre il priait la lune de descendre, chaque soir il lui disait de son amour:

            ‘Douce lune,

            Descends chez moi

            Glisse sur tes rayons,

            Eclaire mon royaume.’

La lune l’ecoutait et avec chaque mot, avec chaque verse, avec chaque chant, elle eclatait plus fort. Avide, elle sirotait tout ce que l’enfant disait. Sa lumiere est devenue de plus en plus claire et graduellement la nuit s’est eclairee comme le jour. Plutot comme un jour couvert par des nuages, mais quandmeme comme un jour.

            L’avidite de la lune est alee trop loin. Le soleil a observe que les petites etres humaines sur la terre ne sont plus si actives qu’autrefois, qu’elles ne sont plus pratiques. Melancholiques et reveurs, les humains se promenaient par la rue en faisant rien d’important, rien pour leur futur, rien pour leur vie.

            ‘Mais, ca n’est pas normal! A dit le soleil. Un enfant qui veut la lune? Pffff! Comment il se fait qu’il ne sait pas que ca c’est impossible? Il faut qu’ils s’arretent!’

            C’est ainsi que le soleil, fache, a envoye les nuages pour interrompre tout dialogue nocturn entre les deux.

            En vain l’enfant a scrute le ciel nuit après nuit! En vain la lune lui envoyait ses rayons! Les nuages etaient toujours la, entre les deux.

            Le matin, l’enfant s’est reveille comme après un long sommeil. Il a mange, s’est habille et est alle se rencontrer avec les autres enfants. Quelle joie! Le soleil qui brulle les peaux lisses! Les maisons! L’ocean! Le sable! Le plus bel sourire est fleuri sur le visage de l’enfant et … il a oublie la lune. De toute facon il ne pourra jamais partager ca avec elle; elle va jamais descendre et lui, jamais monter.

            Les nuits sont passees, les nuages se sont disperses et la lune, fatigue après autant de nuits d’effort mais heureuse de pouvoir finallement ecouter de nouveau l’enfant, s’est levee.

            Avec un pale rayon elle a frappe a la fenetre de l’enfant. Lui, il dormait. Elle a frappe encore une fois … aucune reponse. Alors elle a ramasse tous ses derniers pouvoirs et, pleine d’inquiete, elle a frappe une derniere fois plus fort que jamais.

            L’enfant s’est reveille et en regardant par la fenetre oblique de la mansarde il a pu voir loin, loin, tres loin de lui le visage affaibli de la lune. Elle n’etait plus la lune qu’il savait. Ensommeille, l’enfant aux cheveaux d’or a tire les rideaux et est alle se coucher.

            ‘j’ai des choses importantes a faire demain, je dois dormir’, marmotta l’homme aux cheveaux d’or, ‘je n’ai pas du temps a perdre avec ces jeux’.

            Parfois, la nuit, l’enfant regarde le ciel avec les paupieres micloses mais il ne voit plus la lune. Tout ce qu’il voit est un cercle gris dans le ciel.

                La lune regarde encore la fenetre du petit enfant. Elle soupire, vacille et s’eteint.

Indeed indeed, I cannot tell

Indeed indeed, I cannot tell,
Though I ponder on it well,
Which were easier to state,
All my love or all my hate.
Surely, surely, thou wilt trust me
When I say thou dost disgust me.
O, I hate thee with a hate
That would fain annihilate;
Yet sometimes against my will,
My dear friend, I love thee still.
It were treason to our love,
And a sin to God above,
One iota to abate
Of a pure impartial hate.

Henry David Thoreau